La salle de sport a entamé de grands travaux d’agrandissement et de réhabilitation depuis 2025 dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU). Suzanne Gernigon se rapproche alors de la mairie de quartiers Ouest afin de s’assurer que la plaque commémorative dédiée à son fils sera bien remise en place au moment de la réouverture de cet équipement au second semestre 2026. « C’est important pour moi que l’histoire de Vincent continue à vivre comme un exemple pour la jeunesse actuelle » précise-t-elle. Et pour cause, membre volontaire de l’organisation Handicap international, Vincent est mort à 24 ans le 14 août 1989 dans une embuscade en Afghanistan où il se trouvait pour une mission humanitaire.
Troisième enfant d’une fratrie de cinq, Vincent suit sa scolarité et ses études supérieures à Roubaix puis intègre Bio-Force à Lyon qui forme des jeunes à travailler dans le tiers-monde. Une révélation pour le jeune Roubaisien ! « Téméraire, courageux, précis, aventurier, lucide, travailleur… Vincent s’est lancé dans des défis dès le plus jeune âge » se souvient son frère Yves. Cela se confirme avec son engagement pour Handicap International, association née en 1980 qui accompagne du personnel aux soins de la kinésithérapie et aussi de prothèses dans les pays en guerre. Technicien prothésiste, Vincent part pour une première mission en 1988 au Mozambique et enchaine en Afghanistan 1989 d’où il ne reviendra jamais.
Presque quarante années se sont écoulées depuis ces faits portés par une large presse nationale et internationale. A titre posthume, Vincent Gernigon a été décoré des insignes de chevalier dans l’Ordre National du Mérite. Aujourd’hui, le nom Gernigon est toujours associé à la salle de sport mais très peu d’habitants en connaissent encore l’origine. Suzanne qui vit toujours à l’Epeule depuis 50 ans souhaite que l’histoire de Vincent se perpétue et qu’elle se transmette. Espérant ainsi créer des vocations ou du moins transmettre des valeurs d’engagement au service des autres.
Crédit Photos : Anais Gadeau, service Communication, ville de Roubaix